01 mai, 2006

Je porte bonheur

Aujourd'hui, c'est le premier mai.
Pour les gens "normaux", ça veut juste dire une journée de congé, et éventuellement un brin de muguet à l'être aimé ou à soi-même.

Pour les autres (que j'estime en grande majorité concentrés autour de la région florennoise), le premier mai, c'est le milieu de l'année. Il y a l'avant et l'après premier mai.
Ce jour-là, il y a la Foire au Muguet, à Florennes. C'est un jour d'école où on a congé, et quand on se lève (j'habite sur la grand route qui traverse la ville), il y a des voitures partout, jusqu'à Pavillon (lieu-dit situé à presque 2km du centre), des gens qui descendent avec poussette, chien, et portefeuille bien garni. D'autres qui, déjà à 8h du matin, remontent vers leur voiture, souvent déçus du peu de stands de brocante qu'ils auront trouvé... Et qui feront le bonheur des retardataires qui cherchent du parking.
L'odeur de barbecue en préparation qui remonte jusqu'à chez nous, les premières journées avec toutes portes et fenêtres ouvertes, l'agitation qui remonte dans l'air, les premiers beaux jours...

L'ambiance premier mai est très particulière à Florennes. Vers 10 heures, on se retrouve entre copains, en petits clans, par année scolaire et par école, plus quelques florennois du même âge, mais qui étaient trop bien pour rester à l'ISPP et ont donc migré vers Bellevue ou Saint-Augustin. Aller au marché seul ou avec les parents, c'est la loose. Le top, quand j'étais en rénovées, c'était de se retrouver à 5 ou 6, de descendre vers Capucine, où Nicolas tenait un stand, y retrouver Mathieu et Corentin, puis aller dîner au barbecue de l'école primaire.
Le moment que toutes les filles attendaient, c'était quand les garçons partaient discrétos et revenaient avec un ou plusieurs bouquet de muguet.

Toutes? Non, une seule résistait encore et toujours à l'envahisseur. Le seul homme qui m'offrait du muguet chaque année, bravant son agoraphobie pour parcourir tout le marché à la recherche de muguet sans roses ni freesias, et qui en ramenait un pour chaque femme de sa vie... C'était mon Papa. Chaque année, sans exception, il partait vers 18h, pour éviter de croiser trop de monde, et revenait, au bord de l'apoplexie, et nous offrait fièrement ses clochettes.
Pendant des années, il est le seul homme à m'en avoir offert. Et à un de mes anniversaires, on avait fait livrer à la maison un énorme bouquet tout rouge... La fleuriste avait dit "de la part d'un admirateur secret"... Pendant des mois, j'ai cherché dans mes copains lequel pouvait m'offrir des fleurs pour mon anniversaire... Jusqu'à ce que Maman me dise que c'était Papa, ce fameux admirateur secret. Pauvre Papa, qui me voyait chercher partout sauf là où je savais que je trouverais quelqu'un qui m'aimait depuis plus longtemps que n'importe qui d'autre...

Et puis il y a eu Babar, qui, la première fois que je l'ai emmené au premier mai, m'a offert une azalée (aussi joli, mais pas le même symbole).

Cette année, TFE oblige, je ne vais pas à Florennes aujourd'hui. Heureusement que j'ai un gentil amoureux qui m'a ramené un énorme bouquet de muguet... Qui trône sur mon bureau et sent tellement fort qu'il couvre l'odeur de mon café!

Bonne fête tout le monde ;-)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire