03 octobre, 2008

Les derniers seront les premiers...

Pour cet article, je trouve que le titre de mon blog n'a jamais eu autant de sens: "Tout et n'importe quoi, mais surtout n'importe quoi."

Récemment, j'ai fait le calcul pour savoir combien de temps il faudrait que je travaille pour atteindre les 3 millions d'euros du parachute doré du CEO de Dexia (celui de Fortis obtient 5 millions, à ajouter aux 7 milliards que le gouvernement a déjà sortis pour sauver la banque -et je passerai sur mon passé de membre des délégations étudiantes, auxquelles on chouine depuis des années que yapudesous, que ce soit pour l'enseignement, la recherche ou les pensions-).

3.000.000€, ça représente +/-110 années de mon salaire brut.

En salaire net: 170 ans, à quelques jours près.
Et encore, 170 ans, mais faut pas que je bouffe, faut pas que je m'habille et faut pas que je paie mes factures.

Le pire c'est que cet article ne fait que refléter l'avis partagé par des milliers de personnes, et que jamais, cet article plus qu'un autre n'aura de portée autre que ma vingtaine de lecteurs.
Jamais, le gouvernement ne prendra la décision de dire "merde", de relever ses manches et de se décider à faire quelque chose pour stopper ce mouvement d'"enrichissement des riches, paupérisation des pauvres" dont mon prof d'économie nous parlait déjà en 2001.
Jamais, on ne verra les ministres et les patrons avoir un salaire correspondant à leurs études, comme la majorité d'entre nous.
Jamais, on ne verra les examens du Selor servir à quelque chose d'autre qu'une façade pour masquer le fait que, de toutes manières, les postes seront donnés à des "copains de".
Jamais, la philanthropie ne sera autre chose qu'une vague notion. Jamais, on ne verra de grandes sociétés répartir leurs trésors de guerre entre tous les malheureux du monde.
Je crois qu'en fait le monde est tellement habitué à tourner de travers que le jour où ça va tourner mieux on fera tout pour que ça redevienne comme avant, histoire d'avoir une raison de se plaindre.


"Tu veux faire quoi plus tard?"
"Sciences éco, pour diriger une grande banque, truquer mes comptes, la mettre en faillite et m'en mettre plein les fouilles!"
"Il a de l'ambition, ce petit, c'est bien."

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