Déjà toute petite (oui, je m'auto-psychanalyse, ça revient moins cher), ma maman me l'assurait: "on ne peut rien te dire, tu ne supportes rien".
Faut dire que je viens d'une famille où la conversation se limite souvent à "bonjour-au revoir", des commentaires sur le dernier bulletin de notes, et l'avis général sur le bordel organisé dans les chambres des enfants, et où les moments passés ensemble finissent toujours en réprimandes publiques, sous le sacro-saint principe de l'humiliation de groupe. J'ai donc vite pris le pli de me renfermer, de me contenter de Me & Myself, à un tel point que, enfant, je me suis retrouvée chez le psy parce que "je n'avais pas d'amis".
Bref, depuis, je suis devenue une jeune femme épanouie, j'ai peu d'amis mais ceux que j'ai sont sincères et fidèles et c'est réciproque, mais je supporte toujours aussi peu la critique et les conversations aussi stériles que pompeuses et pompantes.
Et s'il y a bien une chose qui me fait sortir de mes gonds, c'est quand on me fait des reproches sur un dossier que j'estime classé, ou en tous cas sans possibilité de retour en arrière.
Je prends des photos d'une situation qui me semblait problématique, pour les montrer à qui de droit, et une autre personne me regarde avec tout le dédain du monde "ben à quoi ça servait de prendre des photos, dans 1h ils sont partis...". MAIS... Boucle-la! D'abord c'est MON appareil photo et j'en fais encore ce que je veux, ensuite les photos SONT faites, donc je vois vraiment pas l'utilité de me tenir la jambe pour m'expliquer l'inutilité flagrante de ma démarche!
J'ai cassé un verre en faisant la vaisselle? Ben oui, ça arrive. "Mais fais attention la prochaine fois" RHAAAAAA ça ça a le don de me faire ch***!!! Évidemment que je fais attention, j'ai pas volontairement éclaté le verre à terre pour le plaisir de casser de la vaisselle et de risquer de me couper!
Et on reste à me regarder en attendant une réponse... ou des excuses... Qui ne viennent pas. Ben non, je ne suis pas désolée, et je ne vois pas ni comment ça pourrait être réparé ni comment je pourrais faire plus attention.
Alors, traitez-moi de mal embouchée si ça vous plait, mais gardez vos masturbations intellectuelles pour vous et laissez-moi passer!
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