27 février, 2009

Les Nuisibles de la grossesse - Episode 2: la sinistre

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Vous avez longuement réfléchi avant de lui annoncer votre grossesse. Vous pensiez attendre que ça commence à se voir et la mettre devant le fait accompli. Et puis vous avez quand même pensé qu'elle préfèrerait l'entendre de votre bouche que par ouï-dire, il n'aurait plus manqué que ça.

Vous avez donc pris votre courage à deux mains. Pas de bol, elle a commencé la conversation par vous expliquer comment le chien de ses parents s'était étranglé ce matin en coursant le chat (vous savez, celui qui a été opéré après avoir été renversé sous ses yeux par un chauffard ivre); chat qui lui-même essayait de becter le poisson rouge qui venait de se suicider hors de son bocal.

Elle a enchaîné sur l'arrivée de ses règles, son désespoir d'un jour arriver à procréer, l'échec de leur 4e FIV, et l'impact sur leur couple de ces échecs à répétition. Enfin notez, déjà sa mère avait fait 6 fausses couches avant d'arriver à l'avoir elle, et même une fois enceinte ça s'était super mal passé, elle avait dû rester couchée 5 mois, c'était peut-être mieux comme ça après tout, ça devait être un signe. Et toi, ça va?

...

Vous finissez par lui annoncer que oui, vous, ça va, vous êtes enceinte de 3 mois, le bébé se porte bien, que c'est pour août. Tout ça en empruntant un ton de circonstance, c'est à dire celui d'un oncologue qui lui aurait annoncé qu'elle avait un cancer des ovaires en stade terminal.

Elle a relevé la tête de ses genoux, vous a regardée à travers ses yeux vitreux, a tenté un sourire, et vous a dit combien elle était heureuse pour vous, que c'était merveilleux.
Depuis, elle ne vous lâche plus. Elle prend de vos nouvelles dès que possible, par sms, par msn, commente vos statuts facebook.

Je la connais d'autant mieux que j'ai été comme elle (dans une moindre mesure quand même) entre ma fausse couche et cette grossesse-ci.
Ce sont des plaies. Elles s'enferrent dans leur malheur, et tentent par tous les moyens de vous y entraîner. Et n'essayez surtout pas de vous plaindre de votre état (nausées, fatigue, douleurs, impatience): vous n'êtes jamais contente, vous devriez déjà être très heureuse de ce qui vous arrive (sous-entendu, à vous et pas à elle, alors qu'elle le mérite autant si pas plus que vous).


Solution préconisée: si vous ne pouvez vraiment pas couper les ponts, offrez-lui un cilice, qu'elle aie des raisons de se plaindre.

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