Je comptais attendre que ce soit fini pour vous en parler, et faire une note style "ce que vous n'avez jamais osé demander sur...". Mais là ça ne veut pas finir et je commence sérieusement à en avoir marre, au sens le plus plat du terme. Je ne pensais pas qu'on puisse en vouloir autant à son propre corps, surtout pour ces raisons-là, mais je ne suis plus très loin de devenir violente et me donner des coups dans le ventre pour que ça en finisse. Vous l'aurez senti, le sujet n'est pas amusant et je ne ferai aucun effort pour être drôle cette fois.
Le 26 février dernier, soit il y a presque 2 semaines complètes, j'ai eu confirmation de ce que j'avais senti le 3 février (il y a plus d'un mois donc): le bébé que je portais s'était arrêté. Je ne dirai même pas qu'il est mort, vu que je ne sais pas à partir de quel moment un embryon de 4 semaines "vit". Je l'ai senti parce que j'ai eu de très fortes nausées, incapable de me tenir debout plus de quelques secondes, et que du jour au lendemain tous mes symptômes de grossesse ont disparu (fatigue, nausées, dégoûts alimentaires). J'avais ma première échographie le 20 février, et le bébé dont on attendait 15 à 20mm n'en faisait que 3. Donc soit j'étais à 4 semaines et non 6, soit c'était une fausse couche. Fausse couche confirmée le 26 février: le bébé n'avait pas grandi et on ne voyait pas de cœur.
Je m'attendais à faire une fausse couche. Ne me demandez pas pourquoi, il y a déjà deux ans que je m'étais mis en tête que j'en ferais une. Donc je l'ai assez bien pris. J'ai pris le Cytotec que le gynéco m'a prescrit, 2 comprimés le soir pendant 3 jours. Des comprimés contre les ulcères, à prise orale, mais qui dans le cadre d'une fausse couche ne se prennent pas par la bouche, si vous me suivez. Ah oui, je préviens avant de continuer: si vous ne voulez pas de détails glauques, zappez directement cette note, je n'ai pas l'intention de faire dans le détail.
Le vendredi qui suivait, soit ce vendredi 7, la fausse couche, qui ressemble à s'y méprendre à des règles, se terminait. Je m'étonnais de ne pas avoir ressenti les crampes abominables décrites par une amie qui en est à sa 2e, ni d'avoir eu les pertes de sang "comme un robinet" annoncées par mon gynéco, mais une autre amie qui en a déjà fait aussi m'avait rassurée en disant que ce n'était pas toujours si terrible. Je suis donc allée me présenter chez le gynéco vendredi soir, qui m'a annoncé que tout était parti, sauf le "sac". La poche qui contient (toujours) l'embryon, donc. Rebelotte, re-Cytotec pendant trois jours, ouééééé j'ai tiré la floche j'ai gagné une deuxième fausse couche gratuite (enfin gratuite, à 35€ la visite chez le gynéco ça m'a quand même déjà coûté 4000 francs).
Et ce week-end, pour ajouter à notre bonheur (mais bon ils ne pouvaient pas savoir), un ami de Babar nous a appelés pour annoncer la bonne nouvelle: sa copine est enceinte de 3 mois, le bébé est prévu pour septembre. Tiens, c'est une date qui me dit quelque chose. Ah mais ouiiii, j'étais sensée accoucher en septembre aussi! Quelle coïncidence, dis, et félicitations, hein! Toi qui avais pris un chien parce que tu ne supportais pas les enfants... Bah, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, dit-on.
Voilà, voilà où j'en suis. J'ai refusé de les voir tant que ma fausse couche n'était pas terminée, et je suis incapable de me sentir contente pour eux. Je porte en moi un embryon mort, que j'aurai finalement porté plus longtemps mort que vivant et sur lequel 6 prises de Cytotec n'auront rien fait. Ce soir je vais aller m'inscrire dans une salle de sport, je pensais attendre la fin de ma fausse couche mais je vais y aller maintenant avec l'espoir que le sport qu'on déconseille aux femmes enceintes aura l'effet inverse sur moi et provoquera la descente du sac. Demain, si je ne perds toujours rien, j'appellerai le gynéco, avec l'espoir qu'il me donne soit encore plus de Cytotec soit ces gouttes dont on m'a parlé... Et surtout l'espoir qu'il ne me parle pas de curetage.
Parce que là je vais vraiment devenir méchante.
2 commentaires:
Inutile de valider ce commentaire, mais je crois t'avoir vu parler un jour d'ostéopathie.
Ca pourrait te faire beaucoup de bien pour repartir du bon pied dans tous les sens du terme (autant pour le moral que pour préparer ton corps à la suite). *fille d'ostéopathe*
On ne peut rester insensible, en tant que fille surtout, en lisant ton récit.
Alors, on n'a beau pas du tout se connaître (et autres banalités) je te souhaite plein de courage pour affronter cette épreuve difficile ... et plein de bonheur pour la suite.
Juste des bisous...
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