23 juillet, 2006

C'est ça aussi...

La guerre, on la voit tellement, elle est tellement singée dans les films, tellement rabâchée dans les journaux, qu'ils soient écrits ou parlés, tellement éloignée, aussi, vu que ça ne nous touche que par les images qu'on en voit, qu'on oublie parfois ce que c'est.

Il y a des gens qui meurent, qu'ils soient soldats ou simples civils, il y a des familles déchirées, des enfants dont la vie est à jamais marquée par une blessure, par une vision qu'ils ont eue. Ces femmes qu'on voit pleurer à la télé, parfois je me dis "quelles comédiennes, quand même, on en voit chaque fois des nouvelles, et chaque fois ça chiale".

Et puis on apprend que le village d'origine d'Hussein, un ami proche de mes parents, un homme d'une bonté et d'une sympathie sans pareilles, a été bombardé. Que sa maman, la grand-mère d'une amie de ma soeur, y était, qu'elle était en train de mourir, et qu'Hussein aurait bien voulu aller la voir une dernière fois pour lui dire au revoir.
Ou on se rappelle que Maxence, le meilleur ami de ma petite soeur, vient du Rwanda, et que dans le mois qui a suivi son arrivée en Belgique, des Hutus sont entrés dans l'orphelinat où il était, et ont massacré tous ceux qui y habitaient, tant les nourrices que les enfants. Et on imagine que Maxence, comme tous ces autres enfants, aurait pu finir tranché en deux par un coup de machette.

Quelle attitude adopter? Doit-on pleurer avec ces gens? Nous, occidentaux, devons-nous pleurer le lundi pour les Palestiniens, le mardi pour les Libanais, le mercredi pour les Cashmeris, etc? Ou devons-nous juste, confortablement enfoncés dans nos divans, blâmer les politiciens, et nous féliciter des 2.50€ que nous avons accepté de verser mensuellement à Amnesty International? Quel est le juste milieu?

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