Pour le titre, j'ai hésité avec "Namur ville morte".
Ce matin, en partant au boulot, Babar m'a prévenue qu'il y avait eu une panne de courant pendant la nuit.
Ca arrive.
En partant au boulot, en passant devant l'église St Loup, des lampes se sont éteintes simultanément.
Comme elles n'étaient pas très lumineuses, je me suis dit que c'était sans doute l'éclairage de nuit qui s'éteignait. A 8h50, bien sûr.
L'électricité est revenue vers 9h15. Rien de bien grave.
On a fonctionné sans problème jusque 13h. Je suis allée chercher à dîner... Match fermé, dans le noir... Et avec des clients enfermés à l'intérieur... Ah ça les portes électriques ça pardonne pas.
La boulangerie d'en face avait flairé l'arnaque et avait précoupé tous ses pains...
A 15h, re-panne. Qui dure, celle-là.
Je vais jusqu'au bout de ma batterie pour ce super projet de didacticiel de jeu de rôle... Mais la luminosité commençant à décliner, ça fait mal aux yeux.
Vincent nous a donc renvoyés vers nos Pénates.
Dans la rue, c'était très amusant. Les écoles venaient de se terminer, la plupart des magasins avaient fermé à cause de la panne, il y avait plein de monde en rue, il y avait beaucoup de bruit, c'était amusant.
Ce qui a été moins amusant c'est quand j'ai commencé à lire... Et à lire jusqu'à 17h... Et à devoir allumer des bougies (26!)... Et à devoir tenir une bougie en main pour pouvoir lire...
J'ai peur du noir.
Alors je suis allée au Caméo, où je savais que je trouverais les ouvreuses, ainsi que la caissière et le projectionniste.
"Je vais faire pipi"
"Ah ben je viens avec"
"Ah ben si vous partez avec les lampes je vais avec vous"
Nous voilà donc dans la salle 1 du Caméo, la plus grande de Namur, qui, même éclairée, me fout les boules.
En plein milieu de la salle, Isabelle éteint sa lampe et se barre en courant... Sal*pe!
Catherine (l'autre) hurle et se jette contre un mur, entre deux rangées latérales...
Marthe, qui se demande pourquoi deux connes hurlent (ben oui je m'y étais mise aussi), arrive et éclaire.
Chacune à notre tour, nous allons faire notre pipi...
C'est alors que j'ai vécu ma première expérience de cécité totale.
Vous savez, habituellement, dans le noir, il y a toujours un petit quelque chose qui vous permet de vous réacclimater... Et de voir au moins le contour des objets, de les deviner.
Là, vu que Marthe était partie et que Catherine avait pris la lampe pour aller aux toilettes, on s'est retrouvées dans le noir le plus complet, le plus dense que j'aie jamais connu.
A la limite du flippant, c'était très étonnant.
La ville dans le noir, c'était impressionnant aussi. Ca faisait très ville morte. Aucune lumière de secours, pas d'éclairage de Noël, pas de néons de veille dans les vitrines... Rien.
Alors quand la fée Electricité a remontré le bout de son nez, je suis rentrée chez moi. J'ai fait les premières marches de l'escalier à la seule lueur de la bougie chauffe-plats que j'avais laissée sur la rampe en bas.
Et puis, avec un grand sourire, j'ai allumé dans la cage d'escalier. Je suis montée en tapant bien des pieds sur le sol. J'ai allumé l'hallogène du salon. J'ai allumé la lampe à la cuisine. J'ai rallumé le serveur et branché mon portable (quand on est geek, hein...). J'ai lancé une lessive de 60°, essorage maximal.
J'ai eu une pensée émue pour Coppi, qui est à Bunia...
Et puis j'ai entendu la journaliste de la RTBF dire que "s'il y avait un pic de consommation, de nouvelles pannes seraient à prévoir.
Oups.
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